Aides-soignants formés en tant qu’infirmiers en 2 ans risquent un déficit de compétence

En vue de combattre les difficiles déficits de personnels sanitaires, le Ministère de la Santé a proposé que les soignants auxiliaires détenant une expérience de plus de trois années soient autorisés à suivre une formation d’infirmière sur un temps réduit à deux ans au lieu des trois années standards. A cette suggestion, les syndicats ont réagit en exprimant une forte désapprobation, cite une mise en danger des patients.

Le débat a suscité une vive réaction parmi les cadres infirmiers. L’idée conduite par le gouvernement vise à admettre les soignants auxiliaires ayant officié plus de trois ans à se consacrer à une formation d’infirmière en deux années, au-lieu du format traditionnel de 36 mois. Attendant à répondre aux problématiques d’effectifs, ce plan de formation comprimé a néanmoins reçu une réponse négative de la part des syndicats qui n’ont aucune hésitation à exprimer leur inquiétude d’une éventuelle menace pour les patients.

« Cette nouvelle approche est inquiétante et reproduit ce qui s’est observé avec les maisons de retraites, où la majorité du personnel ne dispose pas d’une qualification professionnelle dans le domaine de la santé », a exposé Thierry Amouroux, qui occupe une position de vice-président au sein du Conseil national des soignants en direct sur les ondes d’Europe 1.

Perspectives alarmantes pour le suivi des patients

Selon monsieur Amouroux, recréer une formation en santé sur un intervalle raccourci a d’importantes perspectives de répercussions sur la qualité des soins prodigués aux patients. « Une compétence à la baisse et un déficit en connaissances sur des disciplines telles que la méthodologie, la biologie, l’urgence médicale est probable lorsque que la formation de soignant est limitée à seulement deux années et aura une lourde influence sur la qualité du suivi du patient. »

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Cette opinion a été étayée par une illustration concrète de la part de monsieur Amouroux : « Il est possible, par exemple, de négliger certains effets indésirables de médicaments en l’absence une programmation efficiente d’études en pharmacologie. La proposition actuelle risque donc sérieusement de nuire aux patients ». En outre, cette mesure pourrait provoquer un climat d’incertitude parmi les patients. « Ils pourraient se demander si la personne qu’ils voient devant eux, vêtue de blanc, est une véritable infirmière formée selon les normes standardes sur trois ans, ou si elle a un parcours tronqué de deux ans », ajoute-t-il.

source originale: europe1.fr

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