Clovibactine: Nouvel antibiotique pour combattre l’antibiorésistance en santé

D’ici 2050, la résistance aux antibiotiques pourrait provoquer le décès de dix millions de personnes par an et faire perdre jusqu’à 100 000 milliards de dollars à l’économie globale. Pour contrer cette menace, des scientifiques du monde entier s’attèlent à développer de nouvelles solutions. La clovibactine, un antibiotique récemment découvert par une équipe de recherche internationale, fait partie de ces nouvelles découvertes prometteuses.

L’horizon 2050 semble noir à cause de la résistance grandissante aux antibiotiques. Ce problème pourrait provoquer le décès de dix millions de personnes chaque année et coûter à l’économie globale jusqu’à 100 000 milliards de dollars. Or, il semble qu’un nouvel espoir ait germé dans le sol même sous la forme de bactéries.

A l’opposé des antibiotiques classiques, celle-ci met en œuvre une stratégie d’attaque singulière, la clovibactine. Elle s’attaque aux bactéries en visant trois points différents, rendant ainsi difficile pour elles de développer une résistance virulente.

Combattre efficacement le staphylocoque doré

L’équipe de chercheurs dirigée par Markus Weingarth, biochimiste à l’université d’Utrecht aux Pays-Bas, a révélé un nouveau moyen de défense contre les bactéries : la clovibactine. Cette nouvelle molécule possède la capacité d’éliminer les bactéries devenues résistantes à plusieurs médicaments.

« Avec une résistance accrue observée dans les cliniques face aux antibiotiques couramment utilisés, de nouveaux traitements sont ardûment recherchés », témoigne Markus Weingarth qui est également membre du département de chimie de l’université d’Utrecht.

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Un sol s’avére être une nouvelle source importante

Le nouvel antibiotique a été mis au jour à partir d’une bactérie présente dans le sol. « La grande disponibilité du sol à travers le monde en fait une ressource pertinente dans la quête de nouvelles molécules antibiotiques », témoigne France Roblot, directrice du service des maladies infectieuses au CHU de Poitiers.

La majeure partie des antibiotiques que nous connaissons sont produits à partir de bactéries découvertes dans la nature, ordinairement des fongus.

Toutefois, compte tenu de l’incapacité à développer 99% des bactéries sous contrôle artificiel en laboratoire, les chercher en milieu naturel pourrait permettre de dénicher de nouveaux remèdes.

C’est grâce à l’utilisation des dernières technologies que les chercheurs ont réussi à découvrir la clovibactine.

Méthode d’action atypique

La clovibactine séduit par son mode d’action non conventionnel, contrastant avec celui mis en œuvre par les antibiotiques traditionnels.

La clovibactine déconstruit la bactérie de manière spécifique plutôt que de l’exterminer brutalement. De plus, elle attaque conjointement les bactéries sur trois fronts différents, au lieu de viser une seule cible.

Il est ainsi plus complexe pour les bactéries de concevoir une résistance.

Efficace contre le staphylocoque doré

Les travaux de recherche approfondis menés sous la supervision de Markus Weingarth, le principal auteur de l’étude, ont donné des résultats positives.

« Au cours de nos tests de culturing de bactéries exposées à l’antibiotique, les bactéries, bien qu’importunées par une concentration d’antibiotique faible, ont tenté de générer une résistance pendant des semaines, mais sont restées sensibles à la clovibactine », rapporte Markus Weingarth d’Europe 1.

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Les premiers essais de cette molécule, conduits sur des souris, ont pu anéantir des infections de staphylocoque doré, une cause majeure d’infections dans les hôpitaux. Les analyses de la molécule n’ont pas révélé d’effets indésirables. Les prochaines parties de ce projet de recherche porteront sur des tests de toxicité et d’efficacité chez l’être humain.

En cas de bon succès, la molécule pourrait faire son entrée sur le marché dans une décennie.

source originale: europe1.fr

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