Cancers doublés en France depuis 1990, selon une étude de Santé publique France

Au cours des premiers mois de l’année en cours, on estime que plus de 433 000 nouvelles personnes ont été diagnostiquées avec un cancer, d’après les données publiées par l’autorité de santé publique nationale. Par ailleurs, c’est cette affection qui reste en tête des maladies entrainant le plus grand nombre de décès sur le sol français.

Qu’il s’agisse de cancer du sein, de prostate, de poumon ou de l’intestin, le nombre de cas a doublé en France entre 1990 et 2023, révèle une étude effectuée par Santé Publique France (SPF) et rendue publique le 4 juillet. Depuis le début de cette année, on estime à plus de 433 000 le nombre de personnes atteintes de ce type de maladie. Le cancer touche en particulier les hommes (57 % des cas) et demeurait en 2018 la principale cause de décès en France (157 400 morts), d’après les chiffres de Santé Publique France.

Cette recherche se penche sur 19 des types de cancers les plus courants (15 chez les hommes, 18 chez les femmes). « Nous étudions exclusivement les tumeurs invasives, et nous excluons les cancers de peau autre que les mélanomes », explique SPF. Cette analyse, publiée tous les cinq ans, a été conduite en collaboration avec l’Inca (Institut National du Cancer), le réseau français des registres de cancers (Francim) et les Hospices Civils de Lyon. La dernière recherche remonte à 2018, basée sur des informations accumulées jusqu’à 2015.

Prolifération des cancers : une population croissante et vieillissante

Ce nouvel opus, qui « a été développé dans un contexte particulier, marqué par la pandémie de Covid-19 à compter de 2020 », intègre les informations de 2016 jusqu’à 2018, « un laps de deux à trois années étant indispensable pour recueillir de manière exhaustive et fiabiliser les données », D’après Santé publique France. »Les projections de 2019 à 2023 sont donc fondées sur les données collectées jusqu’en 2018″. L’impact éventuel de la pandémie n’a pas encore été chiffré.

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Ce doublement des cas de cancers reconnus en un peu plus de trente ans est principalement imputable à des facteurs démographiques (croissance et vieillissement de la population), mais aussi à « un accroissement du risque de cancer », rapporte l’étude. Ce risque est notamment affecté par « les changements de comportement de la population », comme l’usage de tabac et d’alcool, ainsi que la nutrition et la sédentarité. La perfection des techniques de dépistage et de diagnostic, notamment l’imagerie médicale et les biopsies, ont également conduit à identifier plus de cancers.

Focus sur le cancer du poumon

On distingue des variations entre les hommes et les femmes face à cette progression des cas de cancers. Depuis 1990, l’augmentation a été de 104 % chez les femmes, comparé à 98 % chez les hommes, souligne l’agence Santé Publique France. « Pour les hommes, cette tendance semble évoluer en deux phases, avec une croissance jusqu’en 2006, puis une régression et une stabilisation, alors que chez la femme, l’augmentation est suivie d’une phase ascendante constante. » explique Tania d’Almeida, médecin à Francim et co-auteure de l’étude. Le « phénomène principal » expliquant l’explosion du nombre de cas de cancers chez les femmes « est l’usage du tabac, qui est devenu plus répandu parmi certaines générations de femmes, plus tard que chez les hommes », explique Florence Molinié, chercheuse à Francim. « Les conséquences de cet usage se manifestent aujourd’hui avec un décalage dans le temps. »

Les tumeurs malignes les plus fréquentes chez les hommes sont le cancer de la prostate (59 885 nouveaux cas sont attendus en 2023), le cancer de la prostate (33 438), le cancer de la prostate (côlon) et le cancer du rectum (26 212). Le cancer du sein (61 214 cas), le cancer du côlon (21 370 cas) et le cancer de la prostate (19 339 cas) sont les cancers les plus fréquents chez les femmes. Néanmoins, si le nombre de tumeurs malignes augmente plus rapidement chez les femmes, les hommes restent plus touchés par cette maladie. Les patients masculins sont aussi légèrement plus âgés au moment du diagnostic. L’âge moyen du diagnostic est de 70 ans pour les hommes et de 68 ans pour les femmes.

Les cancers de l’œsophage, de la prostate, du côlon-rectum et du lèvre-bouche-pharynx sont de moins en moins fréquents chez les hommes. Au contraire, ces tumeurs malignes sont plus fréquentes chez les femmes, tout comme le cancer de la prostate, alors qu’il est stable chez les hommes depuis 2010. L’augmentation de cancers de poumon « mérite une vigilance particulière », argumente Norbert Ifrah, président de l’Inca, qui a collaboré à cette étude. « Chez la femme, son taux de mortalité pourrait dépasser celui du cancer du sein dans les trois prochaines années » Actuellement, le taux de nouveaux cas « croît de 4,3% par an », relève Tania d’Almeida.

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